Xuansha Shibei (835–908)

  • Biographie tirée de Jingde chuandeng luJingde chuandeng lu (Recueil de la transmission de la lampe, 1004) de Yong’an Daoyuan.
Portrait de Xuansha Shibei
Xuansha Shibei
(835–908)

Le grand maître XuanshaXuansha Shibei (835–908), disciple de Xuefeng Yicun. Zongyi, dont le nom de Dharma était Shibei, était originaire de Min, à Fuzhou (Fujian, Fuzhou). Son nom de famille était Xie. Dans son jeune âge, il n’aimait rien tant que pêcher depuis une petite embarcation flottant sur la rivière Nantai (au pied du mont Nantai, à Fuzhou). Il était en termes familiers avec tous les pêcheurs de l’endroit.


La première année de l’ère Xiantong (860), alors qu’il venait d’atteindre sa trentième année, le maître éprouva soudain le désir de quitter le monde poussiéreux. Il abandonna donc sa ligne et son bateau et se rendit auprès du maître chán Lingxun sur le mont Furong, qui lui rasa la tête. De là, il se rendit à Yuzhang (Jiangxi, Nanchang), où il reçut l’ordination complète auprès du maître de Vinaya DaoxuanDaoxuan (596–667). au monastère Kaiyuan.

Vêtu d’une robe de coton et de sandales de paille, il prenait sa nourriture telle qu’elle se présentait. Le maître demeurait souvent assis en méditation toute la journée, à la grande surprise de l’assemblée. Il se lia d’amitié avec les disciples anciens de Xuefeng YicunXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. et avec le maître XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. lui-même. En raison de la rigueur de sa pratique, XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. l’appelait « l’ermite ».


Un jour, XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. demanda au maître : « Est-ce là l’ermite [Shi]Bei ? — Je n’oserais jamais tromper les gens, répondit le maître. »


Un autre jour, XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. s’écria : « Pourquoi l’ermite Bei ne va-t-il pas aux entretiens ! — BodhidharmaBodhidharma (440?–536/554), disciple de Prajñātāra. n’est pas venu dans ce pays de l’Est, et le deuxième patriarche n’est pas allé vers l’Ouest, répondit le maître. »

XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. approuva ces paroles.


Lorsque XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. gravissait le mont Xianggu avec le maître, tous deux partageaient la même aspiration d’y établir un temple. Puis les disciples affluèrent de toutes parts. Néanmoins, le maître continuait d’entrer dans la chambre de l’abbé pour s’y enquérir [du Dharma], mais n’assistait pas aux assemblées matinales et vespérales habituelles. Il étudiait aussi les sūtrasūtra
Ensemble des textes présentant les discours d’enseignement du Bouddha, regroupés dans la deuxième « corbeille » (piṭaka) du canon ancien. Les sūtra spécifiques du Mahāyāna ne sont pas reconnus comme « paroles du Bouddha » par certaines écoles anciennes ou l’école Theravāda.
et parvint au cœur de la Terre, grâce à quoi sa réponse aux circonstances était prompte et agile, en profonde harmonie avec les écritures. Cependant, il restait bien des aspects des enseignements profonds que les disciples ne pouvaient encore pénétrer, aussi fallait-il demander [au maître] des éclaircissements supplémentaires. XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. le critiqua pour cela, sans toutefois le réprimander, disant : « Le moine Bei s’est encore converti ! »


Un jour, XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. monta sur l’estrade et dit : « Vouloir comprendre cette affaire, c’est comme s’il y avait un antique miroir sur un socle : quand un Occidental1 se présente, un Occidental apparaît ; quand un Han se présente, un Han apparaît. — Et si l’on se trouvait soudain face à un miroir éclatant, que serait-ce alors ? demanda le maître. — Occidental et Han s’effacent tous deux, répondit XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian..2 — Les pieds du vieux moine ne semblent pas encore ancrés dans la terre ! dit le maître. »


Le maître monta sur l’estrade et demeura [silencieux] un long moment. Toute l’assemblée crut qu’il n’y aurait pas de discours sur le Dharma. Alors que chacun commençait à se retirer, le maître se mit à gronder : « Voyez ! Tous pareils, pas un seul qui ait de sagesse ! Vous ne faites que m’observer en train d’ouvrir ces deux lambeaux de peau, et vous vous pressez autour de moi pour tirer quelque sens de mes paroles. Voici ma triste réalité : je vous prends en charge alors que vous n’avez aucune idée. Voyez ! Quelle grande difficulté ! Grande difficulté ! »


En une autre occasion, le maître dit : « Vous tous, dignes du chán, qui partez en pèlerinage en tous sens en disant : « Je m’applique à étudier la voie du Chan », ce n’est que pour posséder quelque singularité. Et tout cela se réduit-il à poser des questions à l’est, à poser des questions à l’ouest ? Si vous avez quelque expérience ou quelque intuition, venez, je vous la vérifierai, qu’elle soit juste ou non. Ainsi, je pourrai au moins savoir s’il se trouve ici un sage. Sinon, il est clair que tout cela prête à rire.

« Puisque vous êtes venus ici, vous autres, avez-vous encore des yeux pour voir ? Si tel est le cas, il serait assurément aisé d’acquérir quelque compréhension, n’est-ce pas ? Avez-vous compris ? Si ce n’est pas compris, que dois-je faire de ces gens aveugles et sourds ? Est-ce cela ? Ou bien souhaitez-vous dire quelque chose ? Dignes du chán sans autonomie, voilà ce que vous êtes vraiment. Que faire de telles gens ?

« Les Bouddhas des dix directions vous mettent la tête en bas, et vous n’osez commettre la moindre erreur, vous contentant de dire : « C’est cela même que je peux comprendre. » Compris ? Continuer ainsi sur cette voie, ce n’est pas hériter de ŚākyamuniBouddha Shakyamuni (−VIᵉ s.)., mais d’un autre.

« Je puis dire que je me suis allié à ŚākyamuniBouddha Shakyamuni (−VIᵉ s.)., mais à qui vous êtes-vous joints ? Compris ? Certes, il n’est pas aisé de le savoir, et ce n’est pas par le non-éveil que l’on commence à le connaître. Cela ne peut même pas être éprouvé par un éveil partiel. Et pourtant, vous prétendez encore distinguer le grand éveil ? On ne peut le reconnaître dans le miroir éclatant devant votre crâne, ni en débitant des phrases creuses sur rien, en parlant de ceci et de cela. Il y a un Dharma du monde, et un Dharma qui n’est pas du monde.

« Ô vénérables moines, la vaine illusion semble naître de telles fascinations et absurdités. Si l’on ne s’y abandonne pas, comment nommerait-on ce lieu ? S’il n’y avait vraiment pas l’ombre d’une vaine illusion, où dans les trois mondes pourrait-on trouver la vue du karma ? Père et mère sont nés de divers liens d’affinité et vous ont donné un poteau d’attache devant vous et un autre derrière. Et aujourd’hui, même si vous parliez sans aucune sottise, dans quelles circonstances pourrait-il y avoir quelque compréhension ?

« En vérité, vous êtes en pèlerinage depuis longtemps. Vénérables moines, vous parlez de l’affaire de l’éveil, mais aujourd’hui je vous demande : s’il existait un lieu élevé sur une falaise montagneuse, coupé des habitations humaines, le Dharma du Bouddha s’y trouverait-il encore ? Pouvez-vous en décider ? Si vous ne pouvez le discerner, alors ce n’est pas encore [le moment]d’être ici. J’ai toujours dit que ce qui apparaît devant un moine mort est l’œil authentique de bodhibodhi
Au sens originel : expérience vécue par un être lorsqu’il met fin à l’ignorance (avidyā) et se libère définitivement du saṃsāra.
, qui établit un contact direct et dont une radiance spirituelle émane à dix mille lieues de la tête [d’un tel moine mort]. Si l’on parvient à cela, rien n’entrave la sortie des enfers ni le dépouillement de toutes les idées devant votre crâne. Songez seulement que c’est là la forme de votre vraie réalité, alors où pourrait-il exister un autre Dharma capable de libérer et de protéger [les êtres vivants] ? Comprenez-vous, pouvez-vous encore y croire et l’assumer ? Alors redoublez d’efforts ! »


Le maître dit encore : « Je vous demande à tous maintenant : qu’y a-t-il donc à obtenir dans cette affaire ? En quoi y a-t-il paix du corps et reconnaissance de son sort ? Est-ce clair ? Si ce n’est pas devenu clair, c’est exactement comme si l’on tentait d’arracher des fleurs [illusoires]apparaissant dans les yeux — voir des choses qui ne sont pas réelles. Compris ? Comme voir des phénomènes apparaître devant [les yeux], voir montagnes, fleuves, la grande terre, forme et espace, lumière et obscurité, et toutes sortes de choses, toutes sont des fleurs trompeuses et agitées, appelées à l’existence par une manière de voir et de connaître à l’envers. Pourtant, ce que l’on nomme un śramaṇaśramaṇa
Dans toutes les traditions indiennes, désigne une personne qui voue sa vie à la pratique spirituelle et, notamment, se consacre à l’ascétisme, voire aux macérations. Dans les textes pālis, le Buddha est souvent appelé « le Grand Samaṇa » par les représentants d’autres courants spirituels.
est quelqu’un qui a quitté la vie mondaine et s’est familiarisé avec le cœur en parvenant à l’origine.

« Maintenant que vous avez déjà rasé la tête et revêtu la robe, prenant la forme d’un śramaṇaśramaṇa
Dans toutes les traditions indiennes, désigne une personne qui voue sa vie à la pratique spirituelle et, notamment, se consacre à l’ascétisme, voire aux macérations. Dans les textes pālis, le Buddha est souvent appelé « le Grand Samaṇa » par les représentants d’autres courants spirituels.
, il devrait être avantageux pour vous-mêmes et pour autrui. En regardant autour de vous aujourd’hui, vous ressemblez tous à des mottes de terre noire, à de véritables blocs noirs, incapables de vous sauver vous-mêmes, sans parler de libérer les autres. Ô dignes ! Le [Dharma du]Bouddha sur la causalité est une grande affaire, aussi ne traînez pas sans but et ne parlez pas de manière compliquée pour rabaisser autrui. Le temps est difficile à rattraper. Quel dommage ce serait si de jeunes gentilshommes ne pouvaient s’examiner eux-mêmes pour veiller à leur affaire. C’est comme si vous suiviez les anciens exaltés en croyant appartenir au plus haut clan des Bouddhas. Pourtant, comme vous n’y parvenez pas, c’est à moi de vous exhorter, comme cela a été fait sans interruption depuis que l’école de MahākāśyapaMahākāśyapa (−VIᵉ s.), disciple de Bouddha Shakyamuni. a dépassé[les limites ordinaires].

« Cette porte dépasse le sage et l’homme ordinaire, la cause et l’effet, elle dépasse l’océan-monde merveilleusement orné du Bouddha VairocanaVairocana., elle dépasse aisément la porte de ŚākyamuniBouddha Shakyamuni (−VIᵉ s.).. Depuis de longs kalpas, elle n’a pas été enseignée, aussi voici quelque chose à voir avec des yeux [ouverts]— pourquoi ne pas l’examiner au plus vite ? Il n’est pas besoin de dire que vous aurez encore trois naissances ou deux naissances, de sorte qu’il reste encore beaucoup de temps pour l’affaire de la purification.

« Ô vénérables moines ! Quelle est l’affaire de votre école ? On ne peut l’obtenir par les ornements de la force spirituelle ou physique, ni par le cœur d’autrui ou par le destin. Compris ? C’est comme lorsque ŚākyamuniBouddha Shakyamuni (−VIᵉ s.). quitta la vie mondaine pour subir de nombreuses transformations, puis propagea les enseignements en douze sections, tel un pichet versant de l’eau, pour le grand bénéfice des affaires bouddhiques. Je vous le dis, dans cette école, il n’y a pas la moindre parcelle de certitude à obtenir, pas l’ombre d’une habileté à acquérir. Compris ? C’est tout comme un rêve ou comme parler en dormant.

« Les śramaṇas ne doivent pas chercher à obtenir l’éveil, la grande libération. C’est pourquoi il est dit : dépassez le mondain, dépassez le saint, laissez derrière vous la naissance et séparez-vous de la mort, éloignez-vous de la cause, de l’effet, dépassez VairocanaVairocana., dépassez ŚākyamuniBouddha Shakyamuni (−VIᵉ s.)., et ne vous laissez pas tromper par le mondain ou le saint, par la cause et l’effet, car nulle part il n’y a de personnes qui comprennent. Comprenez-vous ? Ne vous contentez pas de languir éternellement dans le filet de la vie, de la mort et de l’amour, ou d’être saisis par le karma, bon ou mauvais — il n’y a pas d’autodétermination là-dedans. Soyez généreux en transformant vos corps et vos cœurs en espace vide, et généreux en cherchant à atteindre les profondeurs de la claire vision, sans être déstabilisés par aucune situation et sans sombrer dans quelques niveaux sous-jacents de conscience.

« Les anciens comparaient cela à un torrent impétueux. Le torrent est rapide, mais sans [en avoir]conscience, et il croit sottement qu’il est paisible et limpide. Pratiquer ainsi ne permet pas de sortir du royaume de la Roue, aussi faudra-t-il encore revenir en la tournant sans fin. C’est pourquoi il est dit que bien que toute pratique soit sans fin, il y a le fruit direct des Trois Véhicules. C’est une chose redoutable, s’il n’y avait pas l’œil du Dharma, car alors il n’y aurait pas de fin.

« Comment serait-ce si, à partir d’aujourd’hui, tout et partout étaient identiques, de sorte que le grand éveil sans mesure vienne avec la libération des pouvoirs du cœur ? Serait-ce une garantie de bonheur ? Je vous conjure : si je reste ici à attendre votre éveil, alors il n’y aurait pas besoin de la pratique. Mais il n’en est pas ainsi, alors qu’attendez-vous ? Vous comprenez ? Vous comprenez ? »


Une fois, le maître monta sur l’estrade et dit à l’assemblée : « C’est vous, authentique, tel que c’est. » Une autre fois, il dit : « Si BodhidharmaBodhidharma (440?–536/554), disciple de Prajñātāra. était ici aujourd’hui, l’un d’entre vous serait-il réellement capable de le voir ? »

Le maître dit : « Lorsque les gens ordinaires voient quelque chose de dangereux ou de mauvais, comme un grand reptile aux dents en poignards menaçant leur vie, une peur ingérable ne surgit-elle pas ? C’est comme un maître peintre du monde qui peint des scènes des enfers et de leurs transformations,3 lorsque la peinture se change en un reptile aux dents en poignards. En le regardant fixement, le peintre lui-même en est terrifié. Vous autres ici aujourd’hui, vous êtes exactement comme cela. Cent fois vous regardez et imaginez que ce sont vos propres fantasmes, engendrés par la peur. Et ceux-ci ne sont créés par nul autre que vous-mêmes. Ne vous rendez-vous pas compte que ce ne sont là que des illusions ? Reconnaissez-le simplement et prenez votre œil de diamant. Si vous l’obtenez, il vous enseignera que même le plus infime grain de poussière ne peut se manifester [dans vos imaginations], alors où un reptile aux dents en poignards pourrait-il vous menacer ? Regardez-le à nouveau avec la perspicacité atteinte par ŚākyamuniBouddha Shakyamuni (−VIᵉ s.)., alors on ne le trouve nulle part. C’est pourquoi je vous dis : pénétrez avec l’œil du śramaṇaśramaṇa
Dans toutes les traditions indiennes, désigne une personne qui voue sa vie à la pratique spirituelle et, notamment, se consacre à l’ascétisme, voire aux macérations. Dans les textes pālis, le Buddha est souvent appelé « le Grand Samaṇa » par les représentants d’autres courants spirituels.
, qu’il contienne et couvre ciel et terre sans même la moindre fuite. Où pourrait-il encore y avoir quelque chose à connaître ? Compris ? Si l’on est libéré ainsi, cela semble tout à fait remarquable, alors pourquoi ne pas le poursuivre ? »

Le maître dit : « Vous tous, vous ressemblez à des hommes assis au fond de l’océan, la tête plongée dans l’eau, tendant les mains pour mendier de l’eau à boire auprès d’autrui. Compris ? Étudiez la prajñāprajñā
Connaissance ou intelligence non conceptuelle (dite parfois « sagesse transcendante » ou « sapience ») ayant directement accès aux choses « telles qu’elles sont ». C’est le développement de prajñā qui met fin à l’ignorance (avidyā) et mène à la réalisation de l’Éveil et du nirvāṇa. Elle consiste en la compréhension profonde et vécue des trois caractéristiques du saṃsāra (impermanence, insatisfaction et non-Soi).

Désigne aussi la première section de l’Octuple Noble Sentier (voir śīla et samādhi), comprenant la pensée ou motivation juste (pensée de renoncement, de détachement non égoïste, d’amour et de non-violence) et la compréhension juste (prajñā au sens strict). des bodhisattvas, assurément un grand vaisseau-racine d’où doit être obtenue la grande sagesse. Avec la possession d’une telle sagesse, la libération viendrait ici et maintenant. Si cependant la propension racine est lente et obtuse, il est nécessaire d’aspirer à endurer patiemment les épreuves, à être patient jour et nuit, à oublier la fatigue et la faim comme si l’on portait le deuil de sa mère défunte. Si c’était aussi pressant toute la vie durant, alors l’aide d’autrui viendrait, et en pénétrant profondément jusqu’aux os, il n’y aurait vraiment rien qui pût entraver la venue à cela. Pourtant, où sont ceux qui aujourd’hui sont capables d’apprendre ainsi ? Ô vénérables ! Ne vous contentez pas de noter des mots et des phrases comme si vous psalmodiez des dhāraṇī, avançant d’un pas puis ouvrant grand la bouche en entonnant « duo duo, he he » comme seule réponse à ceux qui posent des questions. Le questionneur, furieux, dit : « Pourquoi le vénérable ne me répond-il pas ? » Une telle manière d’apprendre est bien amère. Compris ? Pourtant, s’il y a un moine assis sur un siège de chán, que l’on appelle un bon ami, omniscient, qui, interrogé, répond par des mouvements du corps, gesticule, les yeux brillants, la langue tirée, fixe [le questionneur], puis se met même à parler avec une grande clarté spirituelle et une haute sagesse, comme s’il entendait et voyait tout, tel un seigneur dans le champ des cinq skandhaskandha
Désigne les cinq ensembles de phénomènes, mentaux ou physiques, apparaissant comme un Soi (ātman) à celui qu’aveugle l’ignorance. Appelés aussi « agrégats d’attachement » (parce qu’ils donnent lieu à une identification en tant que « soi »), ils se décomposent en : forme ou matière (rūpa), ressentis ou sensations (vedanā), représentations mentales ou perceptions (samjñā), formations ou constructions mentales (saṃskāra) et prises de conscience discriminative (vijñāna).
, comment un tel homme pourrait-il être considéré comme un bon et sage ami ? C’est un grand imposteur ! 4 Comprenez-vous ? Je vous le demande maintenant, si vous pouvez reconnaître l’esprit lumineux et clair comme vôtre, pourquoi alors somnoler lorsque la clarté spirituelle ne peut être atteinte [ainsi] ? S’il n’y avait pas de somnolence, comment pourrait-il y avoir clarté spirituelle ? Compris ? Cela [la somnolence]revient à prendre un voleur pour son fils, c’est la racine de la naissance et de la mort, l’origine de toutes les notions absurdes. Voulez-vous vous familiariser avec la cause de cette racine ? Je vais vous le dire : votre clarté spirituelle — il est certes clair que, en raison des anciennes souillures, le corps, la parole, l’odorat et tous les autres sens se sont divisés, et c’est cela que vous appelez esprit lumineux. Ainsi, même s’il n’y avait pas eu d’obscurcissement, cette clarté serait encore la même que celle de la tortue poilue ou du lièvre à cornes. Ô vénérables ! Qu’est-ce que la réalité ? Maintenant, vous souhaitez obtenir la sortie de ce maître des cinq skandhaskandha
Désigne les cinq ensembles de phénomènes, mentaux ou physiques, apparaissant comme un Soi (ātman) à celui qu’aveugle l’ignorance. Appelés aussi « agrégats d’attachement » (parce qu’ils donnent lieu à une identification en tant que « soi »), ils se décomposent en : forme ou matière (rūpa), ressentis ou sensations (vedanā), représentations mentales ou perceptions (samjñā), formations ou constructions mentales (saṃskāra) et prises de conscience discriminative (vijñāna).
du corps, mais pour cela, vous devez connaître le corps de diamant caché en vous. Comme un ancien vous l’a dit : « Il est complet en tous points et en chaque grain de matière du monde. » Aujourd’hui, je souhaite vous donner une infime fraction de cette sagesse. Cela est possible en démêlant la métaphore : avez-vous jamais vu le Soleil en Jambudvīpa ?5 Ce qui fait que les êtres du monde prospèrent, sont soutenus et nourris, ce qui les stimule à suivre toutes sortes d’impulsions du cœur — ce ne sont rien d’autre que les résultats mis en mouvement par les rayons du soleil. C’est tout comme la masse du soleil — combien de [rayons] de ses impulsions viennent de son cœur ? Ne pénètrent-ils pas en chaque grain de matière du monde ? Vouloir connaître ce corps de diamant est exactement comme cela. Comme les montagnes d’aujourd’hui, les fleuves et la grande terre, il s’étend dans les dix directions de tout le pays, matérialisant formes solides et espace, lumière et obscurité, atteignant même votre propre corps, votre cœur. Il n’est rien qui ne lui doive son existence, car il vous remplit tous jusqu’au bord.

Ces puissants rayons manifestent les destinées de tous, agissant à travers le karma des êtres célestes et la multitude des êtres vivants. Tous récoltent les fruits de leur apparition, même si leur nature est sans sentiments. Il n’est personne qui ne contienne ces puissants rayons, car même les Bouddhas, sans exception, accomplissent la voie, accomplissent le fruit, puis guident les êtres pour le bénéfice de tous les vivants. Il n’est pas possible non plus que l’un quelconque d’entre vous ne soit rempli jusqu’au bord de ces puissants rayons. C’est tout comme le corps de diamant — les gens ordinaires et tous les Bouddhas ne l’ont-ils pas ? N’avez-vous pas ces impulsions du cœur ? Si cela ne peut être contesté, alors allez et assumez-en les conséquences ! Compris ? Puisque vous êtes le lieu d’une telle capacité remarquable pour l’éveil, pourquoi ne pas laisser cela resplendir ? Quant à suivre d’autres formes de vie ayant les cinq skandhaskandha
Désigne les cinq ensembles de phénomènes, mentaux ou physiques, apparaissant comme un Soi (ātman) à celui qu’aveugle l’ignorance. Appelés aussi « agrégats d’attachement » (parce qu’ils donnent lieu à une identification en tant que « soi »), ils se décomposent en : forme ou matière (rūpa), ressentis ou sensations (vedanā), représentations mentales ou perceptions (samjñā), formations ou constructions mentales (saṃskāra) et prises de conscience discriminative (vijñāna).
pour corps, ou [suivre]les esprits affamés, cela ne mène qu’à l’auto-tromperie. Lorsque l’impermanence qui fauche tout en ce monde survient soudain, et que les yeux regardent et fixent la tromperie de votre vie, et que vous éprouvez une grande difficulté à supporter [ces visions]en ce moment, c’est comme si une tortue venait d’être dépouillée de sa carapace — grande souffrance !

« Ô Vertueux ! Ne prenez pas une vision somnolente pour quelque chose de facile à éradiquer ; ce qui n’est pas encore réalisé, c’est que même un cheveu couvrant la tête est de trop. En êtes-vous aussi conscients ? Les trois mondes sont sans repos, comme une maison en feu.6 Tant que vous, gens, n’êtes pas parvenus à la paix et à la joie, et que vous n’accomplissez de grandes actions qu’en participant à la foule des mondes d’autrui, volant çà et là comme des cerfs sauvages, ne sachant que chercher nourriture et vêtements — quand il en va ainsi, pourquoi ne pas plutôt marcher sur la Voie Royale ?7 Compris ? L’Empereur et les ministres en chef ne vous retiennent pas, père et mère vous ont libérés de la vie mondaine, tandis que vous êtes pourvus de nourriture et de vêtements des dix directions. La terre et les puissances chtoniennes vous protègent, et tous devraient être humiliés par cette bonté. Ne tenez pas tout cela pour acquis ! Assis sans interruption en rang sur les coussins de méditation, par ordre d’ancienneté, et tous fondus ensemble, vous dites que cette paix et ce bonheur ne résident vraiment pas en cela, car toute la nourriture ne consiste qu’en bouillie de riz. Vous êtes tous devenus comme des melons pourris et finirez par être enterrés dans la terre. La conscience du karma est partout, mais originellement sans base. Śramaṇas, par quelles causes une telle situation a-t-elle pu advenir ? Comme la multitude des choses rampantes sur la grande terre, je les appelle habitants des enfers. Si ce n’est pas compris maintenant, alors avant que la lumière ne se lève, on s’est transformé et l’on est entré dans le ventre d’un âne ou d’un cheval comme fœtus. Tirant la charrue et le râteau, le mors de fer dans la bouche et harnaché, tournant la meule [sans fin], pour finir cuit dans un chaudron bouillant. Cela n’est vraiment pas facile à endurer, aussi vaudrait-il mieux en concevoir une grande crainte. Pourtant, savez-vous que cela est votre propre fait ? Si cela était compris, vous ne vous permettriez jamais de vous reposer tranquillement. Si ce n’est pas compris, alors c’est le fruit d’un karma coléreux ou mauvais, et jamais la paix ne sera obtenue, non seulement pour un kalpakalpa
Unité de temps, correspondant à une ère cosmique.
ou deux, mais pour une durée égale à l’âge de votre corps de diamant ! Est-ce clair ? »


L’ancien Nanji arriva chez XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian., et XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. lui dit d’aller s’enquérir auprès du maître. [À son arrivée], le maître demanda à Nanji : « Un ancien digne a dit : « Seul moi puis comprendre cette affaire » — que pense l’ancien de cela ? » — Il faut savoir qu’il y a quelqu’un qui n’a pas besoin de savoir, répondit l’ancien Nanji.

(Commentaire textuel : Guizong Rou répondit en frappant trois fois dans ses mains.)

« Le vénérable a assurément enduré bien des épreuves sur le pic de la montagne ? » dit le maître.


XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian., lors d’une convocation générale pour défricher un champ en vue de la culture, tomba sur un serpent. Il le souleva avec son bâton et appela le groupe : « Regardez ! Regardez ! » Puis, prenant un couteau, il le trancha en deux. Le maître jeta les deux morceaux derrière lui avec son bâton et s’en alla sans se retourner. Le groupe fut stupéfait. XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. dit : « Quelle délicatesse ! »


Un jour, alors que le maître accompagnait XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. lors d’un voyage dans les montagnes, XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. désigna un terrain et dit : « Voici un bon emplacement pour construire une pagode sans couture. »

« Quelle hauteur ? » demanda le maître. XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. leva les yeux, puis les baissa.

Le maître dit : « Le karma divin de l’homme n’est pas assez favorable pour le vénérable, mais s’il s’agit d’une prédiction spirituelle, cela reste encore bien loin. »

XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. répondit : « Si le monde a un pied de large, alors la largeur du miroir ancien est aussi d’un pied. Si le monde avait un mètre de large, alors la largeur du miroir ancien serait aussi d’un mètre. »

Le maître désigna le foyer et demanda : « Quelle est la largeur du feu dans le foyer ? »

« Aussi large que le miroir ancien », répondit XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian..

« Les pieds du vieux maître n’ont pas touché un seul pouce de terre », dit le maître.


Lorsqu’il reçut pour la première fois une invitation [à propager le Dharma], le maître résida à Meixi, au temple Puying. Plus tard, il s’installa sur le mont Xuansha, d’où il supervisa l’enseignement de tous les temples chán de la région. Beaucoup se tournèrent vers lui. Le commandant de Min (Fujian), Wang Gong, invita le maître à exposer le véhicule sans égal et lui témoigna les égards dus à un maître. Ses disciples se comptaient par plus de huit cents, et la porte de sa chambre ne fut jamais fermée.


Le maître monta sur l’estrade et, après un long silence, dit à l’assemblée : « Je me suis maintenant entièrement épuisé pour vous. Avez-vous compris ? »

Un moine présent demanda : « À quoi ressemble le vrai silence, quand pas un mot n’est prononcé ? »

« Quoi, marmonner dans son sommeil ? » répondit le maître.

« Que le maître daigne expliquer la question du devoir [d’un moine] », demanda le moine.

« Somnolent ? » répondit le maître.

« L’élève dort profondément, et le vénérable ? »

« Comment se fait-il qu’il n’y ait aucune conscience de la différence entre une démangeaison et une égratignure ? » dit le maître, avant d’ajouter : « Quel dommage ; comme pour tant de grands maîtres, après un pèlerinage de mille, de dix mille li, ces bavardages en dormant n’ont toujours pas été chassés — tout est perdu. »

Question : « Où en est l’élève lui-même ? »

« Que voulez-vous faire de vous-même ? » demanda le maître.


Un moine demanda : « En ce qui concerne la question suprême de notre école, comment le maître l’explique-t-il ? »

« Presque personne n’écoute », dit le maître.

« Que le maître daigne l’expliquer clairement. »

« Êtes-vous sourd ? » demanda le maître, avant de poursuivre : « Oh, chers amis, si l’affaire de cet instant précis n’a pas été saisie, alors permettez-moi de l’enfoncer comme un rayon puissant. Pourtant, les exhortations verbales sont trompeuses. Il y a mille façons d’exprimer les choses ainsi ou autrement. Toute votre compréhension doit être entièrement renversée. Ou bien voulez-vous devenir un esprit de renard sauvage, avec un museau et une voix assortis, trompé par son karma et me rendant complice, seul à savoir si c’est juste ou non ? Avez-vous compris ? Si une telle personne devait apparaître ici, je suis tout à fait prêt à la mettre à l’épreuve. Pourtant, il est très difficile de forger un maître. Ce qui est nécessaire, c’est de savoir comment s’y prendre pour acquérir une telle connaissance [de la manière de forger un maître]. Si aujourd’hui je vous suis utile d’une manière ou d’une autre, cela ne signifie pas pour autant une rencontre soudaine [avec l’éveil]. Même s’il s’agissait simplement de soulever l’enseignement de notre école de manière simple, seriez-vous capable de l’assumer ? Quarante-neuf ans,

[Shākyamuni] passa [à propager le Dharma] depuis le mont Ling8 devant une assemblée de centaines de milliers de personnes, et seul MahākāśyapaMahākāśyapa (−VIᵉ s.), disciple de Bouddha Shakyamuni. put l’entendre, les autres absolument pas. Maintenant, dites-moi, qu’est-ce que MahākāśyapaMahākāśyapa (−VIᵉ s.), disciple de Bouddha Shakyamuni. a entendu ? On ne peut pas dire que le Tathāgata n’ait pas prononcé un seul mot, ni que MahākāśyapaMahākāśyapa (−VIᵉ s.), disciple de Bouddha Shakyamuni. n’ait rien entendu, et considérer ensuite que [cette réponse] soit appropriée. Il ne peut pas s’agir que la pratique ne serve qu’à acquérir les ornements nécessaires du mérite et de la sagesse.9 Avez-vous compris ? De plus, s’il est dit que « j’ai le véritable œil du Dharma transmis à KāśyapaBouddha Kāśyapa
Le troisième des cinq bouddhas du kalpa actuel, le sixième des sept bouddhas anciens. Le Bouddha de l'ère précédant l'ère actuelle.
 », je dis que ces paroles ne sont que du clair de lune. Caoxi lève son chasse-mouches et le pointe vers la lune, c’est pourquoi il est dit : « En ce qui concerne [la grande]affaire de notre école, dans l’Empire des Tang, il n’est encore jamais apparu d’homme capable de la soulever. » Supposons qu’il y ait quelqu’un capable de la soulever, cela ferait perdre la vie à tous sur cette grande terre. C’est comme un marteau de fer sans trou, comme être soudain frappé de mutisme au bout d’une épée. Si vous tous souhaitez vous en remettre à moi, alors ne regrettez pas votre vie, car toute votre connaissance sera renversée. Soumettre des idées folles, c’est justement l’endroit pour poser des questions — si je ne vous donnais pas audience, où pourriez-vous me voir ? Avez-vous compris ? C’est difficile, mais faites l’effort ! Prenez garde maintenant ! »


Le maître avait aussi un gāthā :

La lumière spirituelle du sommet Rayonne sur dix mille li Quand elle décline, où la chercher ? L’affaire réglée, les pensées abandonnées Ces signes sont partout. Les sages l’éveillent et la font surgir Ne pas attendre le bon moment Pour manquer seulement le sommet

Un autre gāthā disait :

XuanshaXuansha Shibei (835–908), disciple de Xuefeng Yicun. erre par différents chemins Les mondains devraient s’en souvenir Après trois hivers, le soleil vital fleurira Quand le givre descend au sixième mois Il est des mots sans lien avec la langue Le non-mot reste la phrase essentielle Comprenez mes paroles clés — Le monde laissé derrière, rares sont ceux qui savent

Question : « Comment recevoir un roi sans pompe ni cérémonie ? »

« Vous êtes un criminel aux yeux de la loi du roi, alors comment allez-vous vous enquérir de cette affaire ? » répondit le maître.

Question : « Un ancien prend le marteau ou lève le chasse-mouches — cela est-il en accord avec l’affaire de notre école ? »

« Non », répondit le maître. « Quel était le sens de l’ancien ? »

Le maître leva son chasse-mouches.

Un moine demanda : « Quelle est l’affaire de notre école ? »

« Attendez votre éveil, alors cela vous viendra », répondit le maître.


Question : « Que signifie le Guerrier de Diamant10 ? » Le maître siffla.


Wen Tongtou descendit de la montagne et le maître lui demanda : « Étant descendu de la montagne, quand Tongtou reviendra-t-il ? »

« Dans trois à cinq jours », répondit Wen.

« En revenant, rapporte aussi une paire de cuves sans fond », dit le maître.11

Wen resta sans réponse.

(Commentaire textuel : Guizong Rou dit : « À quoi cela servirait-il au Vénérable Moine ? »)


Le maître encouragea un jour l’assemblée en ces termes : « Partout, tous les anciens maîtres ont dit qu’accompagner les êtres du monde, c’est leur être bénéfique. Pourtant, la question que je vous pose est la suivante : s’ils sont comme ceux qui sont sourds, muets et aveugles, comment les rencontreriez-vous ? Si l’on prend le bâton ou lève le chasse-mouches, l’autre ne le voit pas ; si on lui parle, il n’entend pas — et il est muet. Pourtant, si la communication avec lui n’est pas établie, alors le Dharma du Bouddha serait totalement inefficace. »

Alors un moine s’avança et dit : « Le Vénérable ne permettrait-il pas qu’on puisse encore communique avec une la personne affligée de ces trois obstacles ? »

« Soit. Mais comment vous y prendriez-vous ? » répondit le maître. Le moine prit alors congé et fit mine de partir.

« Absolument pas ! Absolument pas ! » dit le maître.

(Commentaire textuel : FayanFayan Wenyi (885–958), disciple de Luohan Guichen. dit : « Lorsque j’ai rencontré une fois le maître LuohanLuohan Guichen (867–928), disciple de Xuansha Shibei.12 évoquant les paroles de ce moine, j’ai compris le sens des trois obstacles. » Yunju Xi dit : « Mais ce moine avait-il compris [l’échange] ou non ? Quand on dit qu’il avait compris, XuanshaXuansha Shibei (835–908), disciple de Xuefeng Yicun. a dit qu’il n’avait pas compris. Si l’on dit que le moine n’avait pas compris, alors pourquoi FayanFayan Wenyi (885–958), disciple de Luohan Guichen. a-t-il dit : « Grâce aux paroles de ce moine, j’ai compris le sens des trois obstacles » ? Chef des moines, vous ne faites rien en ce moment, avancez pour communiquer avec lui, tout le monde veut savoir. »)


Luohan GuichenLuohan Guichen (867–928), disciple de Xuansha Shibei. dit (de lui-même) : « GuichenLuohan Guichen (867–928), disciple de Xuansha Shibei. semble avoir des yeux et des oreilles, alors comment le vénérable communiquerait-il ? »

Zhongta13 dit : « Où se trouve maintenant la personne aux trois obstacles ? »

Un moine présent dit aussi : « Il ne s’agit pas seulement de tromper les autres, mais aussi de se tromper soi-même. »


Changqing HuilengChangqing Huileng (854–932), disciple de Xuefeng Yicun.14 vint rendre visite au maître, qui lui demanda : « En dehors de la crainte du remède, que reste-t-il à dire ? »

Leng répondit : « Quelle absurdité ! »

« Les chênes du mont Xuefeng recueillent les nutriments et les moineaux viennent ici les déposer en fumier », dit le maître.


Le maître observa un moine qui venait d’arriver faire ses prosternations et dit : « Comment ai-je mérité votre salut ? »


Un jour, un groupe de travail coupait du bois dans un ravin lorsqu’ils aperçurent un tigre.

« Vénérable, un tigre ! » dit un moine.

« C’est vous le tigre », répondit le maître.

Après être revenus au monastère, le moine demanda au maître : « Ayant vu un tigre tout à l’heure, le vénérable a dit que c’était moi, mais je ne saisis pas le sens. »

« Dans le monde de Sahā15, il y a quatre sortes d’obscurcissements. Mais si l’on peut les percer, alors vous pourrez échapper au monde des cinq agrégats », dit le maître.

(Commentaire textuel : Dongchan Qi dit : « Chef des moines ! Les anciens avaient déjà vu que le Dao est mon corps, le cœur aussi vide que la grande terre, mais les hommes d’aujourd’hui sont-ils capables de pénétrer aussi loin ? »)


Le maître demanda à Changsheng Jiaoran : « Lorsque Vimalakīrti vit le Bouddha, il ne s’avança ni ne recula, et ne resta pas non plus immobile. Comment comprenez-vous cela ? »

« Laissez-moi passer, j’ai à faire », répondit Jiaoran.

« Si l’on vous laisse passer, que se passe-t-il alors ? » demanda le maître. Changsheng resta silencieux un bon moment, puis le maître dit : « Pouvons-nous savoir ce qu’il en est ? »

« Le disciple est tout ouïe », dit Changsheng.

« Vous devriez être très clair quant à prendre en compte les esprits des grottes de montagne », dit le maître.

(Commentaire textuel : Chongshou QichouChongshou Qichou, disciple de Fayan Wenyi. répondit pour lui : « Pourquoi mêler le Tathāgata à cela ? »)


Un moine demanda au maître : « Pourquoi cet élève est-il incapable de parler [du Dao] ? »

« Quand votre bouche est complètement pleine, comment pourriez-vous dire quoi que ce soit ? » dit le maître.

(Commentaire textuel : FayanFayan Wenyi (885–958), disciple de Luohan Guichen. dit : « Les paroles des anciens étaient vraiment remarquables, mais la question ici est : qu’y a-t-il dans la bouche du chef des moines ? »)


Un moine demanda au maître : « On dit habituellement que cela peut être entièrement ruiné et épuisé, mais que le maître daigne expliquer quand cela n’est pas complètement épuisé et ruiné. »

« Brisez la poutre transversale, alors vous obtiendrez une explication », répondit le maître.

Question : « Les anciens pouvaient jauger quelqu’un d’un seul regard, mais comment le vénérable reçoit-il les gens ? »

« Je ne reçois pas quelqu’un en le perçant d’un seul regard », dit le maître.

« Pourquoi est-ce si difficile à voir ? »

« Seulement parce que c’est trop proche », dit le maître.

(Commentaire textuel : FayanFayan Wenyi (885–958), disciple de Luohan Guichen. dit : « Pourtant, ce n’est pas assez proche, étant directement sous le chef des moines. »)


Lorsque le maître était chez XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian., le serviteur Guang lui demanda : « Si le vénérable oncle devait jamais s’approprier la compréhension du chán, alors ce compagnon construira un bateau de fer pour descendre en mer. »16

Après que le maître se fut installé [dans son temple], il demanda à Guang : « Le serviteur Guang a-t-il déjà construit un bateau de fer ou non ? » Guang resta sans réponse.

(Commentaire textuel : FayanFayan Wenyi (885–958), disciple de Luohan Guichen. répondit pour lui : « Le vénérable moine n’y était pas parvenu finalement. » Fadeng répondit pour lui : « Que le vénérable moine daigne descendre du bateau. » Xuanjiao répondit pour lui : « Le pauvre garçon rumine ses vieilles dettes. »)

Un jour, le maître envoya un moine à XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. avec une lettre. Lorsque XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. ouvrit la lettre, il n’y trouva que trois pages blanches. XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. demanda au moine : « Comprenez-vous ? »

« Non », dit le moine.

« Les mots « bien qu’un gentilhomme soit à mille li de chez lui, son caractère reste le même » ne vous sont-ils pas familiers ? »

À son retour, le moine rapporta cela au maître, qui dit : « Ce vieux garçon (XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian.) est aussi sur une pente glissante sans le savoir ! »

(Commentaire textuel : Dongchan Qi dit : « Où était l’erreur ? S’il y avait vraiment une faute, pourquoi le vieux garçon [XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian.] n’aurait-il pas compris le sens de son disciple [XuanshaXuansha Shibei (835–908), disciple de Xuefeng Yicun.] ? S’il s’agissait vraiment de ne pas comprendre, alors à quoi rime le geste de XuanshaXuansha Shibei (835–908), disciple de Xuefeng Yicun. ? Si c’est compris, alors il a vraiment saisi le geste de XuanshaXuansha Shibei (835–908), disciple de Xuefeng Yicun.. »)


Le maître demanda à Jingqing DaofuJingqing Daofu (868–937), disciple de Xuefeng Yicun. : « Il est dit dans les sūtras que les bodhisattvas et mahāsattvas ne considèrent pas le fait de ne percevoir aucun dharmadharma
Le terme a de multiples sens — norme, loi, doctrine, chose, objet mental, phénomène…
comme une grande faute — de quoi s’agit-il quand on parle de ne voir aucun dharmadharma
Le terme a de multiples sens — norme, loi, doctrine, chose, objet mental, phénomène…
 ? »

JingqingJingqing Daofu (868–937), disciple de Xuefeng Yicun. désigna le pilier nu et dit : « N’est-ce pas ce dharmadharma
Le terme a de multiples sens — norme, loi, doctrine, chose, objet mental, phénomène…
qui n’est pas vu ? »17

(Commentaire textuel : Tong’anTong’an Daopi (?), disciple de Yunju Daoying. Xian dit : « Maintenant, on sait aussi que le vénérable moine n’était pas pressé. »)

Le maître dit : « Manger l’eau claire et le riz blanc du Zhejiang ne signifie pas encore avoir compris le Dharma du Bouddha. »

(Commentaire textuel : Xuanjiao dit : « Quand XuanshaXuansha Shibei (835–908), disciple de Xuefeng Yicun. parle ainsi, où est le sens ? » Un moine demanda à DongshanDongshan Liangjie (807–869), disciple de Yunyan Tansheng. Un des maîtres tutélaires de la lignée sōtō et auteur de l’Hōkyō zanmai. : « Ne pas voir un seul dharmadharma
Le terme a de multiples sens — norme, loi, doctrine, chose, objet mental, phénomène…
comme un grand manque — quel est le sens de cela ? » DongshanDongshan Liangjie (807–869), disciple de Yunyan Tansheng. Un des maîtres tutélaires de la lignée sōtō et auteur de l’Hōkyō zanmai. répondit : « Ne pas voir un seul dharmadharma
Le terme a de multiples sens — norme, loi, doctrine, chose, objet mental, phénomène…
est bien exprimé, [il y a]deux orbites, une perche. » Jiao dit : « Ne pas voir un seul dharmadharma
Le terme a de multiples sens — norme, loi, doctrine, chose, objet mental, phénomène…
, c’est le Tathāgata, qui a simplement reçu les noms des bodhisattvas Avalokiteśvara et SamantabhadraSamantabhadra.. » Il ajouta : « Ne pas voir un seul dharmadharma
Le terme a de multiples sens — norme, loi, doctrine, chose, objet mental, phénomène…
comme un grand manque, est-ce un ou deux ? Essayez de trancher et de voir. »)


Un moine demanda au maître : « Le Vénérable Cheng disait autrefois : « Le monde dans les dix directions est une perle brillante » — comment l’élève peut-il comprendre cela ? »

« Le monde dans les dix directions est une perle brillante — quelle est votre compréhension de cela ? » répondit le maître.

Le lendemain, le maître demanda à nouveau à ce moine : « Le monde dans les dix directions est une perle brillante — comment comprenez-vous cela ? »

Le moine répondit : « Le monde dans les dix directions est une perle brillante — à quoi bon comprendre cela ? »

« Vous devez connaitre les démons des grottes de la montagne noire », répondit le maître.

(Commentaire textuel : Xuanjiao dit : « En général, que viennent faire les esprits des grottes de montagne dans cette affaire ? »)


Question : « Qu’est-ce que la pagode sans couture ? »

« Quelle est la taille de la couture ? » répondit le maître.

(Commentaire textuel : Xuanjiao dit : « Dans les temples chán, on dit : où rencontre-t-on l’absence de couture ? Est-il possible d’y parvenir ou non ? »)


Le superviseur de l’armée Wei vint rendre hommage et remarqua : « Le Vénérable Caoshan BenjiCaoshan Benji (840–901), disciple de Dongshan Liangjie. était vraiment très remarquable. »

Le maître répondit : « Quelle est la distance entre Wuzhou et CaoshanCaoshan Benji (840–901), disciple de Dongshan Liangjie. ? »18 Wei désigna un moine debout à côté et lui demanda : « Le chef des moines n’est-il jamais allé à CaoshanCaoshan Benji (840–901), disciple de Dongshan Liangjie. ? » « Si », répondit-il.

« Quelle est la distance entre Wuzhou et CaoshanCaoshan Benji (840–901), disciple de Dongshan Liangjie. ? »

« Cent vingt li. »

« Si c’est le cas, alors le chef des moines n’est jamais allé à CaoshanCaoshan Benji (840–901), disciple de Dongshan Liangjie. », dit Wei.

Wei se leva alors et fit une révérence au maître, qui lui dit : « Le superviseur de l’armée Wei devrait faire une révérence au moine, car ce moine lui a épargné l’embarras. »

(Commentaire textuel : Yunju Xi dit : « Comment ce moine lui a-t-il épargné l’embarras ? Quand cela sera découvert, alors il sera permis de dire que le chef des moines avait les yeux d’un pèlerin. »)


Un maître du Tripitaka clairaudient19 arriva des Régions de l’Ouest, et le gouverneur militaire de Minzhou (Fujian) le présenta au maître. Le maître frappa le fourneau avec un tisonnier et demanda au maître du Tripitaka : « Quel est ce son ? »

« Le son du cuivre et du fer », fut la réponse.

(Commentaire textuel : FayanFayan Wenyi (885–958), disciple de Luohan Guichen. ajouta : « Que le grand maître daigne devenir un grand souverain. » Fadeng ajouta : « On entend le vénérable poser la question. »)

Le maître dit : « Le grand souverain ne souffre pas les imposteurs venus de l’étranger. »

Le maître du Tripitaka resta sans réponse.

(Commentaire textuel : FayanFayan Wenyi (885–958), disciple de Luohan Guichen. ajouta : « Le grand maître a accepté depuis longtemps le soutien du grand souverain. » Fadeng ajouta : « Pourtant, le vénérable moine trompe le grand souverain. »)

Le maître voyageait dans le sud et, dans le district de Putian (Fujian), on organisait une fête sportive.20 Le lendemain, le maître demanda à l’Ancien Xiaotang : « Hier, il y avait ici une grande animation, où donc tout le monde est-il passé ? »

L’Ancien Xiaotang se contenta de soulever les coins des manches de sa robe.

Le maître lui dit : « Absolument aucun intérêt à s’impliquer. » (Commentaire textuel : FayanFayan Wenyi (885–958), disciple de Luohan Guichen. ajouta : « Y avait-il une grande animation hier ? » Fadeng ajouta : « Aujourd’hui, c’est encore plus joyeux. »)

Le maître demanda à un moine : « Connaissez-vous la cité des Gandharvas21 ? »

« Comme un rêve, comme un mirage », répondit le moine.

(Commentaire textuel : FayanFayan Wenyi (885–958), disciple de Luohan Guichen. frappa quelque chose en signe d’approbation.)

Le maître s’entretenait avec Dizang Chen dans les quartiers de l’abbé. Il faisait nuit profonde lorsque le serviteur vint fermer les issues. Le maître dit : « Quand toutes les sorties sont fermées, comment sortirez-vous ? »

Zhen dit : « Qu’appelle-t-on une porte ? »

(Commentaire textuel : Fadeng ajouta : « Le vénérable moine ne voudrait-il pas boire quelque chose ? »)


Un jour, le maître, enfonçant son bâton dans le sol, demanda à Changsheng Jiaoren] : « Il y a une manière de voir de moine, une manière de voir de mondain, une manière de voir d’homme et une manière de voir de femme, mais quelle est votre manière de voir ? »

« Le maître peut-il voir la manière de Jiaoren de voir quelque chose ? » rétorqua le moine.

« Complètement connu l’un de l’autre partout », dit le maître.


Question : « Le Vénérable Cheng avait une parole : « La [vraie]nature s’entend partout dans le Dharma-monde » — mais quand XuefengXuefeng Yicun (822–908), disciple de Deshan Xuanjian. bat le tambour, comment se fait-il qu’on ne l’entende pas ici ? »

« Qui dit qu’on ne peut pas l’entendre ? » dit le maître.

Question : « Sur les chemins périlleux, qu’est-ce qui fait office de bacs et de ponts ? »

« Servez-vous de vos yeux pour les bacs et les ponts », dit le maître. « Et quand les yeux n’ont pas encore été acquis, que faire alors ? » « Allez vite au secours ! » dit le maître.


Le maître mangeait des fruits avec le superviseur de l’armée Wei, qui demanda : « Qu’est-ce qui est utilisé chaque jour et pourtant reste inconnu ? »

Le maître prit un fruit et dit : « Mangez. »

Après que Wei eut mangé le fruit, il reposa la question. Le maître répondit : « Vraiment, cela est utilisé chaque jour et pourtant reste inconnu. »


Lors d’un travail collectif pour ramasser du bois, le maître dit : « Vous tous, vous êtes entièrement soutenus par ma force. »

Un moine répondit : « Si nous sommes soutenus par la force du maître, à quoi bon un travail collectif ? »

Le maître lui cria : « Sans travail collectif, comment rapporterions-nous le bois ? »


Le grand maître Mingzhen Hongtao demanda : « Sudhana était avec Maitreya, puis Maitreya l’envoya à Mañjuśrī et Mañjuśrī l’envoya au Bouddha, mais dites-moi, où le Bouddha l’a-t-il envoyé ? »

« Aucune idée », répondit Mingzhen.

« Je sentais bien que vous ne saviez pas », dit le maître.

(Commentaire textuel : FayanFayan Wenyi (885–958), disciple de Luohan Guichen. ajouta : « Qu’est-ce que cela, qu’on appelle Bouddha ? »)

Dapu Xuantong vint rendre visite et, alors qu’il faisait une révérence, le maître lui dit : « Maintenant que vous êtes installé [dans un temple], vous ne devez pas tromper les gens, hommes ou femmes. »

« Xuantong n’ouvre que la porte de la vénération ; le soir ils viennent, le matin ils s’en vont, et alors ? » répondit Xuantong.

« Cette affaire est difficile », dit le maître. « Dans vos sentiments, elle est difficile », dit Xuantong.

« Où donc réside la difficulté ? » demanda le maître. « C’est qu’elle n’est pas volontiers assumée », dit Xuantong.

Le maître regagna alors les quartiers de l’abbé et laissa la porte entrouverte.


Question : « L’élève entre pour la première fois dans un monastère, que le maître daigne indiquer la voie d’entrée. »

« Entendez-vous le murmure du ruisseau de montagne ? » demanda le maître. « Oui. »

« C’est votre entrée », dit le maître.


Le superviseur de l’armée Wang de Quanzhou invita le maître à monter [dans la salle de réception supérieure], mais donna d’abord des instructions au maître des hôtes, disant : « Attendez que je conduise le grand maître devant l’escalier, puis retirez l’échelle. »

Le maître des hôtes suivit l’indication. Le superviseur dit au maître : « Que le grand maître daigne monter. »

Le maître observa la situation, puis les personnes présentes, et dit : « Cela ne suit pas les principes du Dharma du Bouddha. »

(Note textuelle : FayanFayan Wenyi (885–958), disciple de Luohan Guichen. dit : « Avant que l’échelle n’eût été retirée, combien de fois par jour la gravissaient-ils ? »)

Le maître et le Surintendant des Armées s’entretenaient dans la pièce intérieure lorsqu’un novice souleva le paravent, entra, les vit, puis se retira. Le maître dit : « Ce novice recevra vingt bons coups de bâton. »

« Mais c’est ma faute », dit le Surintendant.

(Commentaire textuel : Tong’anTong’an Daopi (?), disciple de Yunju Daoying. Xian ajouta : « Le Patriarche est venu. ») Le maître répondit : « Ceci n’est pas le Dharma du Bouddha. »

(Commentaire textuel : JingqingJingqing Daofu (868–937), disciple de Xuefeng Yicun. dit : « Ce n’était pas pour frapper l’eau. » Un moine demanda : « Quel est le sens de « ce n’était pas pour frapper l’eau » ? » JingqingJingqing Daofu (868–937), disciple de Xuefeng Yicun. répondit : « Les montagnes vertes seront réduites en poussière, aussi, pour les préserver, ne restez pas oisif. » Dongchan Qi dit : « Quel est le sens de XuanshaXuansha Shibei (835–908), disciple de Xuefeng Yicun. ? Veut-il dire : « Si cela se passe ainsi, il est encore bon de lui donner le bâton » ? Ou bien : « L’affaire est juste telle qu’elle est » ? Ou encore : « Saisissez et exposez la compréhension » ? Le sens de XuanshaXuansha Shibei (835–908), disciple de Xuefeng Yicun. peut-il être saisi à travers ces trois points ? »)


Le maître répondait à la mesure des dispositions et de la situation de chacun, guidant ainsi pendant quelque trente années. Depuis les courants profonds issus des maîtres QingyuanQingyuan Xingsi (671–741), disciple de Dajian Huineng. et ShitouShitou Xiqian (700–790), disciple de Qingyuan Xingsi. jusqu’à aujourd’hui, le flux s’est transmis sans interruption et se propage désormais plus avant.

Ce qui fut donné en enseignements du Dharma, ainsi que les récits plus ou moins étendus des actes du maître dans l’océan intérieur, de même que quelques sentences de sa propre main, tout cela fut recueilli et compilé par ses disciples, puis diffusé sous le titre de Propos recueillis de diverses sources.

Le vingt-septième jour du onzième mois, en la deuxième année de l’ère Kaiping des Liang postérieurs, correspondant à la cinquième année du cycle sexagésimal (23 décembre 908), des signes de maladie apparurent, puis vint la fin. Le maître avait été moine pendant quarante-quatre ans. Le commandant de Min (Fujian) fit ériger pour lui une pagode en bois.


  1. Terme généralement péjoratif désignant les peuples non-Han habitant les steppes.

  2. Littéralement « caché, dissimulé ».

  3. Peintures que l’on voyait dans de nombreux monastères à cette époque.

  4. Une référence à LinjiLinji Yixuan (?–866), disciple de Huangbo Xiyun. ?

  5. L’Inde.

  6. Sūtra du Lotus, T.262, 14 c.

  7. La Voie du Bouddha.

  8. Pic des Vautours, Gṛdhrakūṭa.

  9. Puṇya-jñāna-saṃbhāra (les conditions de mérite et de connaissance), T. 1579, ch. 30, 513c5, Yogācārabhūmi-śāstraśāstra
    Forme littéraire propre au mahāyāna, commentaires et traités d’exégèse complétant les sūtra.
    .

  10. Esprit gardien, tenant un vajra, protégeant l’ordre bouddhique, généralement placé à l’entrée des monastères.

  11. Jeu de mots sur le nom Tong, signifiant « seau, baquet ».

  12. Luohan GuichenLuohan Guichen (867–928), disciple de Xuansha Shibei. (867-932).

  13. Fuzhou Anguo HuiqiuAnguo Huiqiu (?–913), disciple de Xuansha Shibei. était aussi connu sous le nom de Zhongta. Voir

  14. Voir l» entrée suivante.

  15. Nom bouddhique courant pour notre monde — le lieu du bien et du mal, le lieu de l’endurance.

  16. À l» époque des Song, tous les navires étaient construits en bois. On considérait impossible de construire un navire en fer ou en acier.

  17. Sūtra du Diamant, ch. 6 : « […] chez ces bodhisattvas, l’idée d’un soi, d’une personne, d’un être ou d’une existence séparée ne se produit pas. Ils ne sont pas pris dans l’idée d’un dharmadharma
    Le terme a de multiples sens — norme, loi, doctrine, chose, objet mental, phénomène…
    ni dans celle d’un non-dharmadharma
    Le terme a de multiples sens — norme, loi, doctrine, chose, objet mental, phénomène…
    . »

  18. Le mont Cao à Wuzhou (Jiangxi) était le temple du maître Benji, nommé d’après le sixième Patriarche.

  19. Capacité intuitive et paranormale qui permet d’entendre des sons, des voix ou des messages d’origine spirituelle sans source physique.

  20. Ces spectacles ou festivals baixi étaient très populaires sous les Tang et les Song, où l’on voyait des épreuves de force comme soulever un trépied, grimper aux perches, marcher sur le feu, ou encore la danse du dragon-lanterne.

  21. Les Gandharvas sont des esprits célestes masculins, habiles en musique, époux des Apsaras (nymphes célestes). La cité des Gandharvas se trouve dans l’espace, dans les rêves, dans « l’au-delà intérieur » (Verellen).


Source

  • Daoyuan, Records of the Transmission of the Lamp: Volume 5, traduit par Randolph S. Whitfield, Books on Demand, 2018.